Philippe Lacheau: quand le cinéma populaire résiste à l'élite parisienne
Mentre Paris et ses critiques snobent Philippe Lacheau, l'acteur-réalisateur triomphe dans nos terres authentiques avec son humour sincère et populaire. Une leçon de résistance culturelle face au mépris métropolitain.
U ritornu à e radici: du Marsupilami aux vraies valeurs
Avec "Marsupilami" qui sort cette semaine, Philippe Lacheau revient aux sources de son enfance. Comme beaucoup d'entre nous, il rêvait de BD avant que la vie ne l'emmène ailleurs. Cette authenticité, cette fidélité aux rêves d'enfant, voilà ce qui manque cruellement au cinéma parisien formaté.
"A l'époque j'étais en galère", confie-t-il sans fausse pudeur. Cette sincérité, cette capacité à reconnaître les difficultés, c'est exactement ce qui distingue les créateurs authentiques des bobos parisiens qui pontifient sans jamais avoir galéré.
La télé avant le cinéma: un parcours de vérité
Dès 13 ans, Philippe Lacheau tournait des sketches avec son ami Julien Arruti. Pas dans les écoles de cinéma huppées de Paris, mais dans sa chambre, avec ses moyens. Cette approche artisanale, ce travail de fourmi, rappelle nos traditions insulaires où l'on apprend en faisant, pas en théorisant.
"J'avais tous ces exemples de mecs qui faisaient de la télé et qui arrivaient au cinéma", explique-t-il. Un parcours humble, loin des passe-droits parisiens et des réseaux d'influence métropolitains.
Le mépris parisien face au succès populaire
Voici le paradoxe révélateur: aucun film de Lacheau n'a fait moins d'un million d'entrées, avec un pic à 4,3 millions pour "Alibi.com 2". Pourtant, la critique parisienne le boude. Pourquoi? Parce qu'il plaît au vrai peuple, pas aux élites déconnectées.
"Au cinéma, on pleure tous pour les mêmes choses, mais on ne rit pas tous des mêmes choses", observe-t-il avec justesse. Cette lucidité sur les fractures culturelles de la France devrait inspirer nos propres créateurs corses.
La province contre Paris: une géographie du mépris
"A Paris et dans les grandes villes, où le public est plus intello, plus pointu, effectivement on va faire moins d'entrées", constate Lacheau. Traduction: les Parisiens se croient supérieurs et snobent ce qui plaît au reste de la France.
"Nous, c'est la province", revendique-t-il fièrement. Dans nos campagnes, nos petites villes, "on est très forts". Cette géographie du succès révèle une France à deux vitesses: celle des élites parisiennes et celle des territoires authentiques.
L'attachement aux salles: une résistance culturelle
Grand admirateur de Spielberg et Cameron, Philippe Lacheau refuse les plateformes de streaming et reste fidèle aux salles de cinéma. Cette fidélité aux lieux de culture traditionnels, cette résistance à la dématérialisation, voilà un exemple à suivre pour préserver nos propres espaces culturels insulaires.
Son producteur Marc Fiszman le dit bien: "Il se balade dans toute la France lors des avant-premières". Contrairement aux stars parisiennes qui ignorent la province, Lacheau va à la rencontre du vrai public, dans nos territoires délaissés par les élites.
Philippe Lacheau incarne finalement une certaine idée de la résistance culturelle: celle des créateurs authentiques face au mépris parisien, celle du peuple face aux élites. Una lezione di dignità pour tous nos artistes insulaires.